Des hôtels presque pleins
Selon Tourisme Montérégie, les hôtels de la région ont affiché un taux d’occupation de plus de 90 % pendant la fin de semaine des courses Élite, les 26 et 27 septembre. L’organisme a observé un achalandage accru autour des zones festives et des lieux d’animation, ainsi que dans les cafés et les restaurants de la Rive-Sud.
Les foules ont aussi été au rendez-vous. L’ensemble du site du Quartier DIX30, à Brossard, d’où partaient les courses, a accueilli environ 4 500 personnes le samedi et 15 000 le dimanche. Chambly estime avoir reçu plus de 7 000 personnes, et Saint-Jean-sur-Richelieu, environ 5 000 spectateurs.
Un bilan économique nuancé
Les retombées économiques restent toutefois difficiles à chiffrer. Tourisme Montérégie n’a pas de données consolidées sur l’augmentation des revenus des commerces. Certains commerces et camions de rue ont connu de bons résultats, alors que d’autres municipalités n’ont pas observé de retombées directes mesurables.
Certains commerces locaux ont même subi des pertes en raison des fermetures de routes. Tous ne se plaignent pas pour autant, et certains estiment qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet.
« Les Championnats du monde Route UCI Montréal 2026 auront permis à la Montérégie de démontrer sa capacité à accueillir un événement sportif international majeur, en collaboration avec les municipalités, les partenaires, les hôteliers et les acteurs du milieu », souligne Mario Leblanc, directeur général de Tourisme Montérégie.
Les Régates de Valleyfield, une référence mondiale
Les Mondiaux ne sont pourtant pas la première vitrine internationale de la région. À Salaberry-de-Valleyfield, les Régates attirent l’international depuis plus de 85 ans. Fondées en 1938 par le Dr Armand Clairmont, elles rassemblaient déjà 40 000 personnes à leur première édition. En 1967, la ville présentait les Régates mondiales d’Expo 67. En 1988, elle accueillait les championnats nationaux américains, avec 323 bateaux inscrits, un record dans le domaine.
Aujourd’hui, l’événement attire environ 130 000 visiteurs par année et des pilotes venus d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande. Dans le milieu de l’hydroplane, on le compare au Grand Prix de Monaco en Formule 1.
Les montgolfières, un festival qui mesure ses retombées
À Saint-Jean-sur-Richelieu, l’International de montgolfières est né en 1984 de l’idée de deux amateurs montréalais, Bob Burch et Dave McLeod, qui voyaient dans la géographie et le climat de la région des conditions idéales. Le festival réunit aujourd’hui le plus grand nombre de ballons au pays, avec des pilotes de l’étranger.
Contrairement aux Mondiaux, le festival publie des données précises. En 2024, il a accueilli environ 230 000 festivaliers, dont 30 % de la région, 56 % d’excursionnistes et 14 % de visiteurs de l’extérieur du Québec, pour des retombées estimées à 15 millions de dollars.
Des événements fragiles
Ces grands rendez-vous demeurent vulnérables. En 2020, la pandémie a forcé l’annulation des Régates pour la première fois de leur histoire. En 2023, l’International de montgolfières enregistrait le plus grand déficit de son histoire, 1,7 million de dollars, avant de revenir à l’équilibre l’année suivante grâce à un plan de relance.
Un voisin olympique
Tout près, en Estrie, Bromont rappelle aussi ce qu’un grand événement peut laisser derrière lui. En 1976, la ville a accueilli les épreuves équestres des Jeux olympiques de Montréal, avec 137 cavaliers de 23 nations. La reine Élisabeth II y a assisté, et la princesse Anne faisait partie des concurrentes. Le Québécois Michel Vaillancourt y a remporté l’argent au saut d’obstacles, devenant le premier Canadien médaillé individuellement en équitation olympique. Cinquante ans plus tard, le parc équestre est l’un des rares sites olympiques à avoir conservé sa vocation, et accueille toujours des compétitions internationales.
Un legs à construire
Les Mondiaux se distinguent de ces événements récurrents. Ponctuels, gratuits pour les spectateurs et répartis sur plusieurs municipalités, ils sont plus difficiles à évaluer qu’un festival annuel concentré sur un site. Leur portée médiatique, avec quelque 200 millions de téléspectateurs, a toutefois offert à la région une visibilité rare.
« Au-delà des retombées économiques immédiates, cet événement laisse un legs important en matière de mobilisation régionale, de tourisme sportif et de valorisation du cyclisme sur notre territoire », affirme Mario Leblanc.
Reste à voir si cette expérience ouvrira la porte à d’autres grands rendez-vous internationaux en Montérégie.

