Dès l’arrivée, le propriétaire, Jean-Claude Martel, fait découvrir avec fierté ce qu’il appelle le « musée », une collection d’appareils avec beaucoup de vécu, placés à l’arrière de la bâtisse et toujours utilisés dans les activités quotidiennes de l’imprimerie.
Ils ont beau appartenir à une autre époque, M. Martel admet qu’ils les préfèrent de loin aux nouvelles technologies et admet qu’il refuse catégoriquement de s’en défaire.
Après une démonstration sur une presse d’époque, il fait le récit de l’histoire des débuts de l’imprimerie Daniel.

Photo: FM 103,3
Il raconte que, dans les années cinquante, le premier curé de la chapelle Notre-Dame-de-Grâce, Yves Tremblay, avait aménagé un petit coin imprimerie dans le grenier pour ses besoins personnels et, à l’occasion, pour ceux des autres.
Avec le temps, la demande a toutefois augmenté, l’obligeant à engagé un employé, Daniel Marsan, pour l’aider.
Comme l’espace ne suffisait plus, il s’est également procuré un poulailler qu’il a installé à l’arrière de la chapelle pour poursuivre ses activités.
Puisqu’il demeurait près de la chapelle lorsqu’il était enfant et qu’il y servait la messe les dimanches comme bien d’autres garçons de son âge, le curé a proposé à Jean-Claude Martel de travailler à l’imprimerie.
Ce dernier était encore très jeune : « quand j’ai commencé, j’avais 10 ou 11 ans, et je n’ai jamais arrêté », dit-il.
Il explique que M. Marsan lui a d’abord transmis les bases du métier, mais qu’il a ensuite dû suivre une formation à l’École des arts graphiques de Montréal afin de pouvoir exercer, comme l’exigeait la réglementation de l’époque.
Une fois sa formation complétée, Daniel Marsan avait acheté l’imprimerie.
Les deux hommes sont ensuite devenus partenaires, avant que M. Marsan ne se retire pour des raisons de santé.
À ce moment, Jean-Claude Martel est devenu le propriétaire de l’imprimerie Daniel.
Aujourd’hui âgé de 87 ans, ce grand passionné ne songe toujours pas à prendre sa retraite.
« Qu’est-ce que c’est que la retraite? » dit-il en éclatant de rire.
Il souligne que, malgré les années, son travail le stimule toujours autant et qu’il continue d’y apprendre de nouvelles choses.
« La journée où tu crois tout savoir, ta vie est finie », mentionne-t-il en riant.
Il a toutefois l’aide de son fils, qui prendra un jour la relève, de sa femme, qui assure la comptabilité, de sa fille, qui est réceptionniste et de sa belle-fille, qui est graphiste.
En terminant, M. Martel souligne que, pour réussir aussi longtemps dans le métier, il faut, selon lui, s’assurer de donner un service de qualité aux clients et être passionné par son travail.
M. Martel souligne qu’il s’amuse toujours en travaillant et qu’il n’envisage pas de rester chez lui.



